Cogénération, ça marche !

Par • jeudi 19 novembre 2009 • Rubrique(s): Archives, ete 2010, Urbanisme & Environnement, Vos contributions

A l’approche de l’hiver, et alors que beaucoup d’entre nous s’interrogent sur un changement de nos modes de chauffage, une initiative mérite qu’on s’y intéresse de près : la mise en service progressive de la plus importante usine de cogénération en France.

De quoi s’agit-il ?

Le principe de la cogénération consiste à produire simultanément de l’électricité et de la chaleur, l’une étant issue de l’autre ou inversement. Si ce type d’installation est assez répandu dans plusieurs pays européens comme l’Autriche, la Suède ou le Danemark, en France ce principe est généralement réservé à des applications industrielles très particulières et qui ne concernent pas les particuliers.

Il s’agit donc ici d’une première pour la France.

l’usine côté nord

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et côté sud
(cliquez sur les photos pour les agrandir)

Cette usine est donc destinée à produire de l’énergie, électricité et chaleur. Elle fonctionne à partir de la biomasse, en l’occurrence de bois trituré.

Installée en Lozère, sur les hauteurs de Mende, ce site industriel permettra à terme, en 2012, d’apporter le chauffage à l’ensemble des quelques 12 000 habitants de la commune et de produire l’équivalent de la moitié de l’électricité qu’ils consomment ; cette dernière étant vendue à EDF dans le cadre d’un contrat de longue durée.

Le fonctionnement

L’usine est construite autour de 3 chaudières qui, montant à très haute température, vaporiseront l’eau et la mettront en pression. La température en haut de chaudière est de l’ordre de 1280°.

Cette vapeur est ensuite envoyée dans une turbine qui produira l’électricité. En sortie de cette turbine, la vapeur ayant encore un fort pouvoir calorifique sera récupérée pour chauffer l’eau du réseau de chauffage.

Les abonnés au réseau peuvent donc utiliser cette eau chaude en lieu et place de leur source d’énergie habituelle, chaudière fuel ou gaz, notamment. Il est ainsi possible d’obtenir chauffage et eau chaude sanitaire.

Le réseau qui distribuera ainsi le chauffage aura, à terme, une longueur totale de 9 kilomètres. Deux tuyaux, un pour l’aller, l’autre pour le retour, acheminent l’eau chaude, passant par 60 sous-stations.

A pleine charge, l’eau est à 106° au départ et encore à 70° au retour. Compte tenu des matériaux utilisés la déperdition liée au réseau lui-même est estimée à une fourchette de 1 à 3°.

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une partie de stock de plaquettes pour cet hiver

(cliquez sur les photos pour les agrandir)

Un approvisionnement local

L’intérêt du système est aussi de pouvoir compter sur un approvisionnement local. L’essentiel des 20 000 tonnes de bois utilisées proviendra des forêts lozériennes. Il sera d’ailleurs déchiqueté sur place et transporté à l’usine directement sous forme de plaquettes. Il permettra la valorisation d’un matérieau jusqu’ici abandonné sur place, essentiellement des rémanents, restes de branches ou de troncs non utilisés car sans valeur commerciale propre.

De plus l’impact sera limité sur la forêt locale : il correspond à moins de 10 % de la ressource annuelle disponible.

Des abonnés convaincus

Le projet sera réalisé en 3 tranches : la première, réalisée en 2009, permet dès aujourd’hui de desservir les abonnés les plus proches de l’usine de cogénération. Au terme de la 3e tranche, en 2012, lorsque les 9 km de réseau seront opérationnels, l’ensemble de la population pourra demander à être raccordé, habitat collectif comme habitat individuel.

D’ores et déjà les candidats à l’abonnement semblent nombreux : outre l’hôpital local, des copropriétés, des professionnels de l’hôtellerie et des particuliers en maison individuelle.

Il est vrai que les arguments ne manquent pas. Outre 4 700 tonnes d’équivalent CO2 non relâchés dans l’atmosphère, le projet promet des économies substantielles, de 4 à 25 % selon l’énergie utilisée initialement, et la création à court terme d’une trentaine d’emplois directs et indirects.

Un projet exemplaire ?

C’est en tout cas ce qu’affiche l’ensemble des promoteurs du projet : entrepreneurs, élus locaux ou régionaux.

Il est vrai que tout cela paraît particulièrement séduisant : valoriser une ressource locale, participer à la limitation de rejet de CO2, permettre des économies aux usagers et développer l’emploi …

De plus les investissements pour ca création du réseau, évalués à 12 millions d’euros, sont financés à hauteur de 66 % par des fonds privés apportés par l’entreprise créée à cet effet. La construction de l’usine elle-même est évaluée à 30 millions, aussi apportés majoritairement par les promoteurs privés du projet.

A suivre donc …

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