On aurait pu mettre Neuville sur-Saône en bouteilles !

Par • jeudi 21 octobre 2010 • Rubrique(s): Le saviez-vous ?, Neuville sur Saône

Au début du 19e siècle, Jean-Claude LAPRADE découvrit dans son jardin, aujourd’hui à l’angle des rues Aristide Briand et Pierre Dugelay, une source d’eau minérale. En 1828, par les soins de M. Tramoy, maire de Neuville, l’eau ferrugineuse qui sourdait de plusieurs points fut dégagée de tout contact avec les eaux de pluie et de ruissellement afin d’ être recueillie.

MM. Monfalcon et Tissier, médecin et pharmacien délégués par le Conseil de salubrité du département, en firent une étude détaillée. Ils trouvèrent pour un litre d’eau la composition suivante :

Acide carbonique : 1,25 pouce cube

Hydrogène sulfuré : traces sensibles

Sulfate de chaux : 0,011

Carbonate de chaux : 0,330

Carbonate de fer : 0,061

Carbonate de magnésie : 0,015

Soit un total de résidus secs de 0,437 gr pour un litre

En 1851, le sieur Parent, qui était devenu propriétaire de l’étang du parc d’Ombreval, le fit assécher et fit construire un établissement thermal.

On trouve trace d’une autorisation d’exploitation d’une source d’eaux minérales dans les archives nationales du ministère des travaux publics :

L’arrêté du 31 août 1864 autorise « l’exploitation des sources minérales de M. Parent à Neuville-sur-Saône, et la déclare d’intérêt public ».

Malgré force publicité vantant les mérites d’une cure thermale à Neuville et le confort de son établissement, son entreprise n’eut pas le succès escompté et l’exploitation des eaux de Neuville s’arrêta en 1865. L’établissement thermal était situé dans la grande maison bourgeoise Domus Mariae, 42 rue A. Wissel.

En 1862, certains vantaient les eaux minérales de Neuville en ces termes : « à Neuville, dans une petite vallée où coule le ruisseau des Torrières, près la fontaine Camille, des collines composées de molasses laissent échapper des sources ferrugineuses dont 3 principales (Villeroi, Château et Pompe) sont utilisées en thérapeutique. Ces eaux sont ferrugineuses et peu sulfurées, elles sont analogues à celles de Charbonnières bien que plus calcaires. Elles sortent à la température de 12,5° l’été et 9° l’hiver. Une odeur sulfhydrique s’en dégage, elles sont salutaires pour les affections cutanées et les engorgements des viscères »…

L’eau minérale de Neuville succomba à la concurrence de Charbonnières, mais elle ne fût pas la seule, car d’autres sources dans la région avaient obtenu l’autorisation d’être exploitées ; certaines ne l’ont jamais été, comme celle de Rochecardon à Saint-Didier et celle de la Garenne à Saint-Genis-les-Ollières, d’autres l’ont été un temps, comme celle de Sarcey jusqu’en 1900 et celle de Bully-les-Mines jusqu’en 1893.

Article publié en octobre 2009

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