Mes 1er mai à Neuville

Par • jeudi 29 avril 2010 • Rubrique(s): Archives, Neuville sur Saône, Vos contributions

J’ai toujours un peu de nostalgie quand arrive le 1er mai. Plein de souvenirs remontent à ma mémoire de ces journées passées sur la foire à Neu-Neu. Pourquoi ne pas vous en faire profiter ?

Mes parents étaient mariniers et notre bateau itinérant nous servait de demeure à temps complet. Cela nous permettait de vivre au rythme des nombreuses manifestations qui s’égrainaient le long de la rivière. Pour toute la famille, il était hors de question de manquer la foire du 1er mai de Neuville.

En ces temps-là, nous étions nombreux à naviguer sur la Saône. Il nous arrivait d’être plus d’une quinzaine de bateaux amarrés le long des quais neuvillois. Pour nous les enfants, c’était la fête des retrouvailles. Nous allions de cabines en cabines pour nous amuser. Il y en avait toujours un qui sortait un accordéon pour nous gratifier de quelques ballades et autres tangos.

Mon père aimait accoster sous le pont et  les poules que nous avions au fond de la cale suscitaient, non pas l’admiration, mais l’étonnement à cause de leur plumage noir. Il faut dire qu’elles se glissaient  partout et leur dos était noir de cambouis ou autre charbon. Un spécialiste de la race avicole, très intrigué, nous demanda même d’où venait ces gallinacés inconnus pour lui. Mon père lui sortit un nom hollandais, prétextant qu’il les avait ramenées avec le bateau lors d’un voyage au Pays-Bas. Si ça se trouve, le pauvre homme a cherché longtemps cette race nouvelle dans les encyclopédies.

Chaque membre de la famille avait un intérêt pour la foire. Mon père allait fouiner vers les échelles, car c’était la spécialité de la foire de Neuville. Moi, je suivais ma mère dans ses courses. On ne pouvait manquer les bonimenteurs qui vendaient le linge, la vaisselle, les ustensiles de cuisine. C’était à celui qui rajouterait toujours un article pour arracher la vente. Il y en avait même qui cassaient la vaisselle que les gens ne voulaient pas. Je crois que ma mère achetait tout comme ça et on se retrouvait avec des services de vaisselle, toute une panoplie de draps, couvertures et serviettes à ne plus savoir quoi en faire. Tout ce que ma mère m’a donné lors de mon mariage devait venir de la foire de Neuville. Comme elle disait, c’était l’occasion et elle achetait même des choses qui ne lui ont jamais servi. C’était l’occasion !!!!

Je profitais aussi de cette journée pour la passer à la vogue. Évidemment, il n’y avait pas tous ces manèges ultramodernes qui vous propulsent dans les airs à toute vitesse. Pour avoir notre dose d’adrénaline, on se contentait de la chenille qui se recouvrait d’une bâche pour augmenter la sensation de vitesse. On avait aussi l’ancêtre de notre loto. On achetait des tickets roulés où figurait un numéro et le forain faisait tourner trois roues numérotées pour désigner les gagnants. Les plus heureux gagnaient une énorme peluche et les moins heureux une bouteille de mauvais vin. Comme je n’avais pas le droit à tirer à la carabine, je me contentais des fusils à fléchettes. Il suffisait de viser le ventre du mannequin et celui-ci vous envoyait une barre de nougat coincée dans sa bouche. J’y passai pratiquement ma journée entière à errer d’un stand à l’autre, du train fantôme aux autos tamponnantes, dilapidant l’argent que me donnaient en cachette mon père et ma mère sans savoir que l’autre en faisait autant.

Voilà, c’est ma foire du 1er mai, enfin des souvenirs qu’il m’en reste. Cela fait plus d’une quinzaine d’années que je n’y suis plus retourné. C’est le souvenir du bateau qui me manque, plus que la foire en elle-même.

Tiens la prochaine fois, il faudrait que je vous parle de mes souvenirs d’un 14 juillet passé en face de Fourvière pour attendre le feu d’artifice. C’était l’année où une espèce de gourou avait annoncé la fin du monde pour ce jour-là et il s’était passé des choses bizarres sur ce quai Saint-Antoine. Je suis incapable de me rappeler quelle année c’était !!!

PS : Dans mon article, je n’ai jamais employé le terme péniche pour parler de notre bateau. Ne parlez jamais à un marinier de sa péniche, pour lui c’est un bateau et rien que cela !!

Partager, imprimer, envoyer :

| | Plus

Voir les derniers articles de

Mots Clefs : , , , , , , , ,


    Autres articles à lire sur Saônor.fr :

Fatal error: Call to undefined function related_posts() in /var/www/saonor.fr/public_html/mag/wp-content/themes/saonor-1/single.php on line 97