Le bleu Guimet
Par Reynald • Jeudi 25 septembre 2008 • Rubrique(s): Fleurieu sur Saône, Le saviez-vous ? •En 1837, le chimiste Jean Baptiste Guimet installe à Fleurieu-sur-Saône une usine destinée à la fabrication d’un colorant de son invention: « l’outremer artificiel » ou « bleu Guimet », qui remplacera l’outremer qui, jusqu’à son invention était extrait d’une pierre semi-précieuse le lapis-lazuli.
Plus tard, son fils Emile Guimet, né à Fleurieu-sur-saône le 2 Juin 1836, développe l’usine de Fleurieu qui, en 1878, employait 150 personnes et produisait 1000 tonnes d’outremer, pigment utilisé essentiellement par l’industrie du papier (afin d’éviter le jaunissement) et par les blanchisseurs. On pouvait voir de très loin la grande cheminée bleue de cette usine qui, semble-t-il, déversait une fumée très noire.
| Emile Guimet prendra également la tête du groupe Henry Merle et Cie que son père avait fondé et qui deviendra bien plus tard le groupe Péchiney.
Richissime et passionné par les voyages, Emile Guimet va parcourir le monde et rapporter de ses voyages des trésors. Souhaitant que ses objets puissent à la fois être exposés au grand public et servent de base d’étude, pour cela il souhaite, en 1880, léguer à la ville de Lyon sa collection, mais la municipalité refuse et, déçu, il décide de faire don de sa collection à l’Etat qui en 1888 ouvre à Paris ce qui deviendra, avec le succès que l’on connaît, un des plus beau musée de France : le musée Guimet de Paris ou musée national des arts asiatiques. |
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Deux anecdotes pour compléter l’article de Reynald sur l’histoire du bleu Guimet .
Au cours de la fabrication il fallait faire cuire les produits de base utilisés qui étaient alors mis dans des pots en terre cuite qui avaient la forme de petites amphores sans leurs anses. La cuisson terminée le contenu des pots était devenu dur et il fallait les casser pour l’en extraire, ce qui les rendait inutilisables et produisait un volume considérable de déchets encombrants dont on ne savait comment se débarrasser .
C’est ainsi qu’un jour quelqu’un eu l’idée de leur faire traverser la Saône et de les déposer sur les terrains inondables situés rive droite un peu en amont du barrage. En période de crues on pouvait alors passer à pieds secs ce qui fait qu’il y eu bientôt un vrai chemin que l’on baptisa tout naturellement « le chemin des pots cassés », appellation qu’il conserva au moins jusqu’à la guerre de 40.
Ce chemin, vous l’avez sans doute compris : c’est maintenant une rue de Couzon , la rue JB Anjolvy
La deuxième anecdote est, vous allez le voir, très savoureuse .
Il y a bien longtemps, un siècle ou plus, un concours a été organisé entre des produits ayant une finalité similaire à celle des petites boules bleues du bleu Guimet. La concurrence était âpre et le Jury hésitant.
C’est alors que monsieur Guimet, qui défendait lui même son produit, prit quelques boules dans la main , les porta à sa bouche et les mangea . Puis s’adressant à ses consultants il leur dit : Messieurs , faites-en autant , ce que personne ne fit .
Monsieur Guimet gagna le concours , se fit une publicité considérable et tous les parents surent dès lors que leurs enfants ne couraient aucun risque si tentés par les jolies petites boules bleues ils jouaient avec et portaient ensuite à leur bouche leurs doigts, voire même les boules aussi .
Veuillez excuser une erreur quis’est glissée dans le texte ci dessus . A l’avant dernier alinéa il faut lire » puis s’adressant à ses concurrents » et non pas « à ses consultants »
Merci pour ces belles anecdotes, cette chronique est faite pour ça , que chacun apporte ses connaissances ou ses souvenirs et les partage. Quel chouette nom de rue que le « chemin des pots cassés » surtout quand on en connait l’histoire, c’est un nom à retenir au cas où nous en aurions besoin pour baptiser une place , une rue ou un square…. Votre anecdote me donne la solution d’une enigme que des amis plongeurs m’avaient posée il y a plus de 20 ans, en plongeant dans la Saône, près d’ici, ils avaient rémarqué que le lit était recouvert de petits morceaux de poterie, je sais maintenant pourquoi…