Un Gone de Lyon

Par • jeudi 7 octobre 2010 • Rubrique(s): Le saviez-vous ?

Il était une fois…

… un brave homme de « canut » qui avait 10 enfants. Il habitait Lyon et s’appelait Laurent MOURGUET. Mais, un jour, il n’y eut plus de travail pour les tisseurs de soie et il partit sur les routes devenant arracheur de dents.
Pour faire rire ses clients, il eut l’idée de fabriquer une poupée qui lui ressemblait et qui racontait des histoires drôles.
Devant son succès, il revint à Lyon où il se consacra à son théâtre de marionnettes, ses nombreux enfants lui servant d’assistants.
Les toutes premières marionnettes de 1808 sont au Musée Gadagne.

Et c’est ainsi que naquirent, il y a 200 ans …

  • Guignol : un canut frondeur (ouvrier en soie) tenant dans la main une « tavelle » pour donner des « volées de picarlats » aux gendarmes … et à sa femme. « Vagnotte » (marron), « paquet de couenne » (nœud papillon) et « sarsifi » (natte) sont ses signes distinctifs. Son nom viendrait de la ville de Chignolo d’où était originaire un ami de Mourguet.
  • Gnafron : « gnafre », « regrolleur » ou « bouif » (cordonnier) dont il porte le tablier de cuir, tel est son métier. Sa trogne rouge laisse supposer qu’il abuse un peu du beaujolais. Créé à l’image du Père Thomas, le premier assistant de Mourguet.
  • Et leurs amis :

o Madelon, la « fenotte » de Guignol
o Le Gendarme
o M. le Bailli, juge
o L’irascible propriétaire Canezou

Satirique et insolent, dénonçant l’injustice sociale et les abus de pouvoir, Guignol n’était pas un spectacle pour les enfants.

Le DÉMÉNAGEMENT est la pièce la plus célèbre du répertoire. « La Maison du Soleil » est le décor immuable du « Déménagement ». C’est le café qui se trouve place de la Trinité, à l’angle de la rue Saint-Georges et de la célèbre montée du Gourguillon.

Le « bistanclaque » (onomatopée formée sur le bruit de la navette) du métier Jacquard rythmait la vie des canuts.

Il existe plusieurs représentations de Guignol et de ses amis :

– Tableau de Gnafron, à Beaujeu, en plein cœur de Beaujolais
– Statue de Guignol, à Quincié-en-Beaujolais, au lieu-dit Saint-Nizier-le-Brûlé

Une carte de vœux d’il y a quelques dizaines d’années :

« La neige ni le froid n’arrêtent trois bons gones.
Pour aller la souhaiter à tous heureuse et bonne ;
Pour présenter nos vœux à chacun et chacune
Leur dire : portez-vous bien, vivez joyeusement,
Fichez-vous du souci et des embêtements,
Pour vous porter bonheur, jeunes, vieux et marmaille
A tous nous vous faisons bien fort « peter la miaille » (s’embrasser) »

On retrouve Guignol et ses amis un peu partout :

  • Sur des affiches, sur des timbres et des enveloppes, sur des étiquettes de vin et des « pots » pour Gnafron.
  • L’horloge Charvet donne l’heure aux Lyonnais depuis 1852. Guignol, Gnafron, Polichinelle et Arlequin sont en cuivre rouge et leur tête est en bois. Quand l’heure arrive, tout se met en mouvement : Guignol et sa tavelle, Gnafron et son marteau de bouif. Située dans la Presqu’île, elle fait partie de l’histoire de Lyon. Mais le propriétaire du nouveau magasin veut l’enlever et, à ce jour, on ne sait ce qu’elle va devenir.
  • Place du Doyenné se trouve le buste de Laurent Mourguet. Au dos de la stèle sont inscrits les noms de quelque vingt-deux marionnettistes.
  • Place Saint-Paul est apposée une plaque disant : « dans cette maison, entre 1795 et 1832, vécut et joua Laurent MOURGUET, créateur de Guignol ».
  • C’est dans la chapelle, sise dans la Cour des Pères Antonins, que fut installé le premier théâtre Guignol.

A la revoyure, mes belins belines !!

Texte de Jaty

« Méfie-toi des gones que savent faire rien de rien : ils sont capables de tout »

a

Publié le 29/04/2006 par animartist

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