Claudius REGAUD, l’oublié du Nobel.

Par • jeudi 2 septembre 2010 • Rubrique(s): Le saviez-vous ?

Claudius Regaud est né à Lyon le 30 janvier 1870, son père est savoyard et sa mère appartient à une famille de carriers couzonnais. Pensionnaire au lycée de Lyon, il rejoint l’été la maison familiale de Couzon et restera très attaché à son village.

Claudius Regaud grandit sur le terreau des idées positivistes, où la science devait apporter le bonheur. Médecin et interne des hôpitaux de Lyon, il suit le cours de microbiologie de l’institut Pasteur de Paris et revient à Lyon.
Agrégé d’histologie à la faculté de médecine de Lyon, il met au point une technique de coloration des mitochondries qui porte encore aujourd’hui son nom.

En 1906, il découvre la radiosensibilité des cellules germinales et démontre le rôle des rayons sur la mitose et donc son rôle dans le traitement du cancer.
Il tente, avec des résultats encourageants, de traiter des malades incurables par exposition au radium.
Nommé à l’institut Pasteur en 1913, il devient directeur de laboratoire de radio-physiologie du nouvel institut du radium.

De 1914 à 1918 , il est chargé de réformer le service de santé des armées et il crée des équipes chirurgicales, des ambulances automobiles chirurgicales et forme, dans un grand centre proche du front, les médecins mobilisés au traitement chirurgical des plaies.
Il est élevé successivement au grade de chevalier, puis officier puis commandeur de la Légion d’honneur.

De 1918 jusqu’à 1936, il s’applique à mettre au point les techniques de curiethérapie et montre que certains cancers sont ainsi curables par les rayons, comme certains cancers du col de l’utérus ou de la langue.

Avec Marie Curie, ils créent la fondation Curie, destinée au traitement du cancer par les rayons.
En 1935, Marie Curie reçoit son deuxième prix Nobel (de chimie cette fois).

Vice-président de la commission pour la radiothérapie à la Société des Nations, vice-président de la société de biologie, président de l’association des anatomistes et président de l’association française pour l’étude du cancer, Claudius Regaud meurt le 29 décembre 1940 à Couzon-au-Mont-d’Or où il est inhumé.

Aujourd’hui encore, des centres de lutte contre le cancer portent son nom, mais quid des rues, places ou avenues pour lui rendre hommage ?

Et comme nul n’est prophète en son pays, à Couzon seule une stèle de pierre rappelle sa mémoire. Quand on pense aux millions de gens qui ont pu bénéficier de ses découvertes, c’est bien peu.
Oui, Claudius Regaud est bel et bien un oublié du Nobel.

A lire : « Claudius Regaud », de Jean Regaud, Maloine ed., Paris, 233p.

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