Aqueducs : les hommes

Par • jeudi 6 mai 2010 • Rubrique(s): Le saviez-vous ?
Je vous ai parlé des aqueducs que vous pouviez voir (si vous faites attention) lors de vos promenades dans le Mont-d’Or.

Mais, avez-vous pensé à ceux qui ont construit, entretenu, réparé ces conduits ?

On peut encore voir quelques-uns de ces aqueducs. Mais imaginez-vous tout ce que l’on ne peut plus voir et qui constituait des ouvrages annexes (galeries de captage, vannes et goulotte d’alimentation, bassins de régularisation et de décantation, citernes terminales, châteaux d’eau pour la répartition).

Tout d’abord, il a fallu saisir la nécessité de ces ouvrages, pour alimenter thermes, fontaines, lieux d’aisances de la ville en expansion.

Il a fallu définir des zones de captage, les débits d’eau, les gabarits, définir les éléments de la construction, le type d’ouvrage en fonction du parcours (enterré ou à fleur de terre, en élévation) les matériaux (pierre de taille, moellons cimentés, dalles de couverture).

Toutes ces questions nécessitent de nombreuses personnes et notamment des responsables (curators), des concepteurs, des sourciers (eh oui, il fallait bien trouver les sources), des ingénieurs avec leurs instruments de mesures (chorobates et gnomons), des extracteurs de pierres, des tailleurs de pierre, des sapeurs pour les captages, des puisatiers pour les puits et les cuniculi (galeries souterraines de service), des convoyeurs, des terrassiers, des maçons.

Comme vous pouvez le constater, de nombreuses personnes étaient nécessaires à la construction de ces magnifiques ouvrages. Ils étaient regroupés sous le nom de « forma (ou formamentum) » le tout dirigé par le curator formamenti. C’est ce que l’on appellerait aujourd’hui, le « Génie civil ».

Une fois que tout était construit, il fallait s’assurer que tout fonctionnait bien, c’est-à-dire que l’eau coulait sans fuite, sans bouchon, sans que s’effondrent ces conduits, vérifier que le calcaire ne s’accumule pas trop.

Afin de vérifier le bon fonctionnement des aqueducs, étaient utilisées des personnes que l’on appelait surveillants ou garde (custodia) ou encore des maçons ou des plombiers sur les ponts-siphons. Il fallait donc un nombre important de personnes pour entretenir ces constructions.

Comme vous avez pu le voir, de nombreuses personnes étaient nécessaires à la construction et à l’entretien de ces ouvrages.

Mais, une fois tout construit, il faut de l’eau. Il faut remplir les conduits (canali), assurer son bon écoulement et sa distribution judicieuse.

C’est donc un autre service qui assure cette fonction, service assuré par le « curator aquarum » l’administrateur des eaux.

Il avait, sous ses ordres les fontainiers qui étaient placés aux points stratégiques, ainsi que des surveillants (custodia), chargés de détecter les voleurs d’eau qui faisaient des piqûres sous le conduit, chargés aussi de faire respecter la bande de terre, le long du canal que l’on ne pouvait pas utiliser (pas de plantation ni de labour, pas de construction,…).

Le curator aquarum avait aussi des représentants à la tête de l’aqueduc notamment pour passer des contrats avec les utilisateurs. Il devait surveiller les débordements et les maîtriser et surtout réguler les débits et faire en sorte qu’ils soient constant été et hiver.

Sans eau, en été, à Lugdunum une révolte populaire pouvait coûter sa situation au responsable.

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