Après les enfants, … le père (fin)

Par • jeudi 19 novembre 2009 • Rubrique(s): Le saviez-vous ?

MOURGUET part souvent en tournée. Lorsqu’il est sur Lyon, il joue principalement au Jardin chinois l’été et place Saint-Paul l’hiver.

Il change souvent de local et, semble-t-il, fut le propriétaire de ces établissements. C’était un lieu où l’on présentait un spectacle qui était payant, mais où aucune consommation n’était servie.

MOURGUET rencontre toutefois rapidement, au vu du développement des représentations, un problème : il est souvent seul à manipuler les marionnettes, ce qui présentait l’inconvénient de ne pouvoir utiliser que deux marionnettes à la fois et donc restreignait le répertoire, et ce malgré les quelques aides occasionnelles qu’il utilisait.

Afin de pallier ce problème, il engagea alors son fils Etienne et sa fille Rose-Pierrette, puis fut rejoint par son gendre, Claude-Louis-François Josserand.

Ce petit groupe devint alors sa première troupe.

Toutefois, malgré le nombre important de textes et de pièces jouées, les problèmes financiers subsistaient, ce qui n’empêcha pas la troupe de partir en tournée. Elle se produisit, entre 1820 et 1830, à Villefranche, Thizy, Tarare, Amplepuis, Belleville-sur-Saône, Bourg, Vienne … et il semble que la troupe se soit définitivement sédentarisée à Lyon dans les années 1831-1834.

Le Caveau, qui deviendra, plus tard, le premier grand Guignol permanent, n’ouvrira qu’en 1826 et il semble que Guignol ne s’y installa que dans les années 1838-1839.

A cette époque, Mourguet a atteint l’âge de 70 ans et laisse à son fils une part des responsabilités. C’est lui qui sera locataire en titre.

Cette sédentarisation entraîne un changement important.

En effet, si jusque-là Mourguet rencontrait son public en se déplaçant, avec cette installation, c’est le public qui va à la rencontre de Guignol.

Le succès est alors important et Guignol devient de plus en plus connu comme figure lyonnaise. Le répertoire augmente, Mourguet crée de nouveaux textes dans lesquels l’improvisation joue un rôle très important.

A ces représentations, le public est très varié et l’on y rencontre aussi bien des canuts que des jeunes artisans ou des tisseurs.

Toutefois, outre le fait que l’on va voir un spectacle, le théâtre de Guignol avait une autre fonction. En effet, à cette époque, peu de gens savaient lire et Guignol servait également de « gazette » où étaient véhiculées diverses informations et nouvelles.

La troupe recueillait des informations dans la journée qu’elle retransmettait ensuite dans son jeu.

Cette tradition perdurera jusqu’à la seconde moitié du siècle, ce qui entraînera les foudres du Second Empire.

Afin d’avoir des revenus supplémentaires, la troupe continue à faire des tournées et crée un théâtre de Guignol pour les enfants.

Mourguet a maintenant 71 ans et décide de quitter Lyon. Il part pour Vienne, avec sa femme et son petit-fils, où il installe un petit théâtre situé rue des Clercs, puis rue Peaux-Belles où il joue principalement pour les enfants.

Il décéda le 30 décembre 1844. Il avait alors 75 ans.

Si Laurent Mourguet disparut, il n’en alla pas de même de ses créations…

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