Tendance : Troc nippes

Par • jeudi 15 avril 2010 • Rubrique(s): Archives, ete 2010, Grand Lyon, Mont d Or - Val de Saône, Vos contributions

« Troc party », « troc nippes » « vide dressing » ou encore «  clothes swapping parties » tant d’appellations pour un unique concept qui arrive tout droit de Grande-Bretagne.

A l’heure où le pouvoir d’achat est en berne, il est dorénavant possible de faire son shopping sans débourser le moindre centime.

Un commerce alternatif très tendance dans la capitale française depuis plus un an. Ce phénomène se démocratise depuis peu en province.

Le retour en force du vintage dans nos garde-robes, le porte-monnaie qui fait grise mine et pourtant cette envie incessante de recycler son dressing, voilà d’ores et déjà trois bonnes raisons d’adhérer au nouveau concept très en vogue chez les fashionistas londoniennes, et maintenant parisiennes : le « Troc ».

Cette notion commence à faire une apparition timide dans la capitale des Gaules depuis quelques mois, mais, dans une atmosphère de récession, on lui devine un avenir prometteur.

En effet, il est maintenant aisé de suivre la mode sans contrepartie financière pharaonique. Le principe ? « For woman by woman ». Il suffit  d’échanger des vêtements, chaussures, accessoires et produits de beauté, la star de la soirée étant « l’erreur d’achat » ou encore « l’achat impulsif », le tout dans une ambiance légère et détendue.

Virginie, étudiante en communication résidant à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or, explique son intérêt pour ces trocs : « J’ai commencé les troc nippes il y a un an. J’avais vu une annonce sur le blog personnel d’une Lyonnaise qui en organisait un. Nous étions une dizaine de personnes au rendez-vous, aucune ne se connaissait mais le feeling est tout de suite bien passé. Nous avons donc décidé de renouveler l’expérience tous les deux mois. Tout s’étant bien passé, nous sommes ainsi sûres qu’il n’y a pas d’escroquerie. Car il faut quand même se méfier quelquefois, mais des nouvelles sont évidemment les bienvenues ! Depuis que je participe à ces rendez-vous, ma fréquentation des magasins a significativement baissé, je n’ai d’ailleurs même pas eu à faire les soldes en janvier ! ».

Il n’y a pas de profil-type pour une  troqueuse. Cela va de la cadre supérieure à la lycéenne.

L’initiatrice de l’une de ces soirées thématiques lance l’événement via des forums, blogs ou réseaux sociaux une à deux semaines à l’avance, et y précise la date, l’heure et le lieu de rendez-vous.

Dans certain cas, un quota précis d’objets est requis, pour d’autres il s’agit de se débarrasser de tout ce qui encombre les placards.

Cette rencontre peut s’effectuer dans un bar, une chambre d’hôtel, un restaurant ou dans le salon même de l’organisatrice !

Lorsque toutes les férues de bons plans sont arrivées, les festivités peuvent commencer !

Entre un verre et une discussion, elles improvisent un défilé, sur un fond de bonne humeur… Pour finir, les articles qui restent orphelins sont donnés à des œuvres caritatives.

Un bémol cependant : la différence morphologique.

Si l’on désire disposer du plus grand choix, il faut réunir des personnes ayant des mensurations sensiblement similaires. Il semble pourtant délicat de filtrer les invitées en fonction de leur anatomie.

Certaines internautes ont contourné le problème en créant un annuaire des « vide-dressing ». Ce genre de site, bien souvent des blogs, à l’image de  celui de Stéphanie (http://annuairedressings.blogspot.com) qui répertorie des troqueuses ou vendeuses en fonction de leur taille et de leur pointure. Une petite différence à noter cependant : pour ce procédé il s’agit majoritairement de ventes. Les prix défient bien évidemment toute concurrence. Pour exemple, un sac à main en cuir de la marque Prada est au prix de 35 €.

Pourquoi un tel engouement ? Ce genre de commerce n’est pas nouveau. La genèse du troc se mêle à celle de l’Homme. Est-ce un besoin de retourner à des valeurs basiques ? Un silex contre une peau de mammouth ? Certainement pas, mais ce phénomène s’inscrit au contraire dans un contexte de paraître absolu. Une toile de fond nettement favorable à la création de ce type de  business : dans une société en quête incessante d’esthétisme, conditionnée par une surexposition  à la publicité et aux incitations à la consommation en tous genres, il n’est pas toujours aisé de suivre une mode virale et en perpétuel mouvement. Le troc devient donc une possibilité de suivre pour un temps cette épidémique convenance. Le troc est ainsi une alternative peu coûteuse et  non négligeable à la dictature du beau. Il devient simple d’acquérir des vêtements et accessoires griffés et donc socialement connotés, à moindre frais.

Les « troc nippes » s’adressent pour l’instant à un public exclusivement féminin, mais avec l’émergence de nouveaux sociostyles comme les métrosexuels, ce phénomène pourrait bien s’étendre à toute la population dans un avenir proche.

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