Christine Détrez, invitée du 7ème café littéraire

Par Frédérique • Jeudi 2 juillet 2009 • Rubrique(s): Archives, Culture & Loisirs

La septième édition du café littéraire de Saint-Romain accueillait jeudi dernier Catherine Détrez, auteur de « Rien sur ma mère », paru en mai 2008.

Rien sur ma mère, c’est l’histoire de Lise et de sa fille Elsa. Devenant mère, Lise se replonge dans son passé, passé marqué par l’absence de sa mère, morte dans un accident de voiture lorsqu’elle n’avait que trois ou quatre ans. Cette mère a disparu de l’histoire familiale : plus aucune photo ne témoigne de son existence, son nom n’est inscrit nulle part, pas même sur une pierre tombale où l’on pourrait se recueillir.

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La quête de Lise n’est pas simple, car la réalité qu’elle recherche s’est définitivement envolée. Même son père, acteur du drame, est bien trop impliqué pour lui donner une version impartiale. Alors, Lise imagine ce qui a pu se passer, invente ce que sa mère a pu penser, dire, désirer. Cette quête mélancolique se fait sur le mode de l’expérimentation : « C’est dans son corps qu’on va puiser de quoi refaire la réalité, de quoi se refaire en réalité, et se faire une réalité.»

Après le rite traditionnel consistant à passer en revue nos lectures des trois derniers mois, dont vous trouverez la liste ci-dessous, les participants rongeaient leur frein en attendant l’intervention de Christine Détrez.

Quelle part autobiographique recelait ce premier roman… Comme son héroïne, la mère de Christine Détrez est bien décédée lors d’un accident de voiture alors qu’elle-même n’avait que trois ans, et c’est lorsque sa propre fille a eu cet âge qu’elle a ressenti le besoin d’écrire ce livre.
Cette mère, son père avait décrété qu’il ne fallait pas en parler. Elle avait décidé de le quitter, elle avait décidé d’abandonner ses enfants. C’était une salope. Elle était morte à 26 ans.
Pour raconter le silence, pour percer ce secret dont personne ne parlait, ce livre va pousser au bout les amorces de la propre vie de Christine. C’est son histoire poussée à son paroxysme avec une frontière tenue entre sa vie et sa version romancée avec, au bout, cette recherche, le pardon, qui la réconciliera avec sa mère et avec sa vie.
C’est grâce à cette mère, trop tôt disparue, enfouie dans les mémoires et dont personne ne devait parler que ce livre a pu naître. Un livre en forme de pardon et de compréhension.
Une intervention passionnante de cette sociologue, agrégée de lettres qui témoigne avec ce premier roman, de la complexité des rapports mère-fille, et des rapports familiaux en général.

Le prochain café littéraire aura lieu à la taverne de Dada, le 17 septembre prochain, avec comme invité Jacques Branciard, auteur de Les Muscadins de Theizé qui sera donc la prochaine lecture « imposée ».

Les livres
Alain Nadaud, Archéologie du zéro
Vincent Delecroix, Tombeau d’Achille
Conrad Botes, Rats et chiens,
Marguerite Duras, Détruire dit-elle
Sophie Calle, Où et quand – Lourdes
Sylvain Estibal, Le dernier vol de Lancaster
Franck Conroy, Corps et âmes
Jeanette Haien, La pêche au saumon
Swiatly, Une femme allemande
Calamity Jane, Lettres à sa fille
Collum Mc Caam, Les saisons de la nuit
Charles Juliet Lambeaux.

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