L’humour bientôt remboursé par la Sécu ?

Par • jeudi 10 juin 2010 • Rubrique(s): Archives, ete 2010, Vos contributions

Allié des fonctions cognitives, dénigreur du cholestérol, contempteur des moindres afflictions ou encore fervent détracteur de la constipation, l’humour agit sur bien des fronts. Sa conséquence directe, le rire, est un canal incontesté de socialisation pour certains, ou exutoire de l’esprit pour d’autres, la gymnastique des zygomatiques n’en demeure pas moins un véritable dérivatif : preuve qu’avec l’humour il ne faut pas plaisanter.

Humour sain dans un corps sain

Amis cardiaques, riez de bon cœur ! Non, il ne s’agit pas là d’un sarcasme, mais une bonne quinte de rire préviendrait, entre autres, les problèmes cardio-vasculaires. Le gloussement forme donc un excellent médicament préventif à consommer sans modération, bien que les Français n’en prennent qu’une petite dose journalière de six minutes. Outre le côté médical purement conventionnel, le rire permet bien souvent  de masquer ou évacuer nos petites névroses. Saonor.fr a enquêté sur un sujet tout ce qu’il y a de plus sérieux.

L’humour comme catharsis ?

Nul n’est besoin d’être atteinte de la psychorigidité aiguë d’une Bree Vander Kamp pour avoir des troubles psychiques car, comme l’a souligné Sigmund Freud himself, « Nous aussi Hommes sains nous luttons contre la névrose » ; entendez par là que nous sommes des personnes en quête permanente d’affection.

En effet, la société actuelle est régie par la logique et la raison, autant dire des moteurs de rigidité absolue excluant toute émotion. Il n’est pas toujours aisé d’extérioriser ses émois sans atteindre sa pudeur ou amocher son ego. Dès lors, l’humour constitue une carapace permettant d’exalter indirectement ses tracas et ainsi de les dédramatiser. Selon le père de la  psychanalyse, il s’agit « d’un  réflexe de fuite dont la tâche est de prévenir la naissance du déplaisir », autrement dit un processus de défense.  Ce  n’est d’ailleurs pas anodin si les sketchs de Gad Elmaleh autour du montage du meuble snububuluduk d’Ikéa ou encore de la boucherie… enfin, le bonheur de l’accouchement de Florence Foresti ont un tel succès. Ils relatent de manière légère des faits ordinaires de nos vies ordinaires que l’éclat de rire permet de relativiser.

Je ris donc je suis

Un humour aiguisé peut cependant, et paradoxalement, être bien plus qu’une défense : une attaque et une arme redoutable. Faire-valoir à part entière lorsqu’il est manié avec brio, le badinage constitue  une réelle issue aux situations même les plus délicates. Ces humoristes de la vie réelle séduisent et leur cote de popularité n’est jamais émaillée. Un atout social indiscutable qui cache quelquefois une extrême timidité, car si le recours permanent à la dérision est un parfait remède contre l’inconstance du quotidien, il n’en demeure pas moins une manière de ne jamais aborder rien ni personne directement.

Les amuseurs charment donc et attirent les sympathies, à tel point que même les politiques s’y mettent ; Najat Belkacem, conseillère régionale PS et adjointe au maire de Lyon nous a honorés d’un : «Il ne faut pas que le PS se laisse électrocuter par ses courants » qui lui a permis de faire partie de la sélection très officielle du grand prix de l’humour politique (si si, ça existe).

« L’orgasme du rire »

Amuser la galerie pour avoir des amis ? Mon hochet contre ta Pampers ? Pas forcément : Julien Rampon, acolyte de Bruno Guillon pour la matinale sur Virgin 17, utilise l’humour comme un instrument de valorisation personnelle. « Faire des sketchs, c’est une nécessité de provoquer le rire, un besoin de reconnaissance. A la radio, je ne suis pas confronté aux gens, mais lorsque je me produisais au Complexe du Rire, les éclats du public me procuraient un bien-être inégalable. On se sent le roi du monde pour quelques secondes, une profonde autosatisfaction, c’est indescriptible : c’est l’orgasme du rire ». La plaisanterie rassasierait ainsi ces névroses bénignes  qui nous affament de gloire et de besoin d’exister, et apaiserait notre égocentrisme.

Tenir la distance

L’humour nous met aussi face à nous, il cicatrise les maux ou à l’inverse les noie dans le déni ; quoi qu’il en soit, il nous satisfait. Alain Roffy, comédien et improvisateur confie : « Je ne supporte pas d’être ma propre muse, c’est une mise en abîme peu intéressante pour moi car cela implique que je me confronte à mes défauts, et donc que je fasse un vrai travail sur moi-même et je n’ai pas envie de ça ; il y a des choses que j’ai juste envie d’oublier ». Le rire est donc une échappatoire pour les uns, mais aussi une confrontation insoutenable avec la réalité pour les autres. Le comédien ajoute « S’inspirer de soi, c’est accepter que, lorsque le public rit, il le fasse de nous, il n’y a plus de filtre. On risque même de sombrer dans le ‘’théâtre-réalité’’ ce qui selon moi dénature la noblesse de l’art théâtral ».

Pour vivre heureux vivons bidonnés

Aussi ambiguë que soit notre relation à la plaisanterie, celle-ci nous libère et agit comme un vrai remède contrephobique. La névrose est ainsi au service de l’humour de la même manière que l’humour est au service de la névrose. Ses bénéfices sont multiples et impactent tant sur la santé physique que psychique alors quelle qu’en soit l’utilisation, ne lésinez pas sur les moyens, mais toujours en gardant une distance. Car la névrose commune est de vouloir se faire aimer et non détruire.

Dorénavant un seul mot d’ordre : faites de l’humour une légion et du rire une religion !

École du rire : Rira bien qui rira le dernier !

L’appétit vient en mangeant, un peu comme la bonne humeur vient en ricanant ! C’est ce que la Gélothérapie tente de démontrer. Cet enseignement, qui pourrait prêter à rire, est pourtant très sérieux. Il s’agit en fait d’une branche du Yoga qui consiste à exorciser les maux par la risette. Annie Lefebvre, psychologue à la Maison du citoyen de Villeurbanne et initiatrice de la rigolothérapie constate « Le rire est le chant de l’homme, il permet de mettre de la distance avec les choses, un problème en est moins un du moment qu’on en rit. Ces cours offrent la possibilité d’échanger via le rire. Il s’agit de séances d’une heure entrecoupées de moments de respirations ou de danse ».

Et, croyez-le ou non, les bénéfices sont quasi systématiques, à condition de le pratiquer régulièrement. Et puis dorénavant à la remarque « Tu as fait l’école du rire ? » vous saurez quoi répondre.

6 € d’adhésion/an. Club du rire – La Maison du citoyen : 67 rue Octavie, Villeurbanne. 06 07 80 51 63 ou par mail

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