De la Terre à la Lune

Par • jeudi 9 juillet 2009 • Rubrique(s): Archives, Archives de Saônor.fr, Vos contributions

Il y a quelques mois j’avais commis un billet d’humeur sur ce qu’avait été pour moi la marche sur la Lune.

Aujourd’hui, puisque c’en sera bientôt le 40ème anniversaire et que tous les médias commencent à en parler, je voudrais vous raconter, succinctement, les différentes étapes de cette aventure.

Depuis longtemps, pour ne pas dire toujours, les hommes ont rêvé d’aller dans l’espace, Icare, Jules Verne et Hergé en sont les exemples les plus célèbres.

Dans l’entre-deux-guerres, plusieurs savants inventent et testent des fusées plus ou moins puissantes et plus ou moins réussies, notamment un Américain, Robert Goddard, qui, en plus de ses essais sur divers types de fusées, calcule la trajectoire Terre–Lune.

Les premières véritables fusées vont faire leur réelle apparition en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale : les tristement célèbres V2. Les V1 ne sont pas à proprement parler des fusées, mais plutôt des avions automatiques rapides.

A la chute de l’Allemagne nazie, Soviétiques et Américains vont récupérer beaucoup de scientifiques allemands. Wernher von Braun, le père des V2, le sera par les Américains, via des militaires français. La conquête de l’espace devient alors un enjeu de science et de propagande entre les « deux grands ».

Puis c’est le 4 octobre 1957, jour où les Soviétiques lancent avec succès leur fameux Spoutnik, devançant les Américains. A la Maison Blanche, on fait grise mine : passe encore qu’en pleine guerre froide les Etats-Unis subissent un revers technologique au retentissement planétaire, mais le plus grave est que Spoutnik ait été lancé par une fusée dérivée d’un missile de croisière standard ; la sécurité américaine devient sérieusement menacée.

Le président Eisenhower décide donc que les Etats-Unis se doivent de tout mettre en œuvre pour combler leur retard et qu’il ne s’agit pas seulement d’envoyer un engin dans l’espace, et prouver ainsi qu’ils peuvent répliquer, mais aussi, et surtout, un homme. Pour des raisons de coût, il ne donnera pas suite à la proposition de la toute nouvelle NASA (National Aéraunotic and Space Administration) de lancer un programme lunaire en 1959 ; son successeur, John Fitzgerald Kennedy non plus, du moins dans un premier temps.

Alors que les Américains avancent prudemment (ils avaient connu plusieurs échecs avant de lancer leur premier satellite artificiel et ne voulaient pas connaître les mêmes déboires avec un homme à bord d’une fusée), les Soviétiques envoient, le 12 avril 1961, un homme, Youri Gagarine, faire un tour, et un seul, à 250 km au-dessus du sol terrestre. Une nouvelle fois les Américains sont battus.

Le coup est rude, d’autant que politiquement et militairement, les Américains subissent des revers, affaire de la baie des Cochons entre autres ; il leur faut donc coûte que coûte redorer leur blason. Dès lors leur objectif sera d’apprendre, d’abord, puis de frapper un grand coup ensuite, bien entendu hautement médiatisé : marcher sur la Lune ; ils s’en donneront les moyens et réussiront, d’autant que les ingénieurs de la NASA n’avaient pas laissé leur projet en sommeil.

Le président Kennedy donnera son accord pour le programme lunaire le 25 mai 1961 puis fixera le départ officiel de la course à la Lune au 12 septembre 1962 lorsqu’il annoncera officiellement que les Etats-Unis enverront un homme sur la Lune « et le ramèneront vivant » avant la fin des années 1960 ; malheureusement il ne vivra pas cette aventure qu’il avait lui-même lancée.

Pour y parvenir la NASA établira trois programmes :

  • Programme Mercury, déjà bien avancé en 1961, destiné à découvrir la technologie des vols spatiaux, les capacités physiques humaines et techniques de vols ; en somme le B.A. BA de la conquête spatiale. Une capsule Mercury emportait un seul astronaute. Il y aura neuf vols Mercury, dont sept habités, entre mai 1961 et mai 1963.
  • Programme Gemini, destiné à essayer et mettre au point les diverses phases de vol nécessaires pour aller sur la Lune. Une capsule Gemini emportait deux astronautes. Il y aura 12 vols Gemini, dont 10 habités, de mars 1965 à novembre 1966.
  • Programme Apollo, répétitions en vue des voyages lunaires, vérification grandeur nature du matériel, des manœuvres à effectuer et repérages lunaires pour la première partie du programme, jusqu’à Apollo 10 et les vols lunaires ensuite. Une capsule Apollo emportait trois astronautes. Il y aura 14 vols Apollo, dont 11 habités, d’octobre 1968 à décembre 1972. Les trois derniers vols lunaires prévus ont été annulés par le président Nixon (réduction des coûts). En 1975 aura lieu le dernier vol Apollo, mais ce n’était pas un vol lunaire puisqu’il s’agissait du premier vol commun américano-soviétique, qui n’était pas que symbolique (j’y reviendrai plus tard).

(A suivre : le choix de la route lunaire)

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