1789, début de la Révolution française

Par • jeudi 2 juillet 2009 • Rubrique(s): Archives, Archives de Saônor.fr, ete 2010, Vos contributions

La semaine dernière, suite au discours présidentiel du 22 juin, j’avais écris un billet sur le serment du Jeu de Paume. Cette semaine, comme promis, mon propos sera de resituer ce serment dans le contexte de l’époque, car, comme tout événement politique, il n’est pas fortuit et s’inscrit dans une suite chronologique.

Avant tout, deux définitions :

  • le parlement de Paris ou parlement : créé au XIIIe siècle, il est composé de juristes anoblis. C’est une cour judiciaire et administrative que le roi peut consulter sur sa politique et inviter à participer aux réformes
  • Les Etats Généraux : réunion, à la demande du roi, des députés du peuple français. Ces derniers sont regroupés en trois ordres, la Noblesse, le Clergé et le Tiers Etat (le peuple, en fait la bourgeoisie). Chaque ordre a le même nombre de députés et le vote se fait à raison d’une voix par ordre, ce qui est injuste, la noblesse et le clergé (qui sont toujours favorables aux demandes royales) ayant chacun autant de pouvoir que le peuple. En général, ils étaient réunis lorsqu’il fallait lever de nouveaux impôts. Les derniers Etats Généraux réunis avant 1789 l’avaient été en 1614. Avant l’élection des députés, il était rédigé des cahiers de doléances où le peuple exprimait ses revendications ; il y en aura environ 60 000 en 1789.

Compte tenu de la situation tendue en 1789, plusieurs aménagements seront mis en place.

En 1789, la France va mal, suite à une météo capricieuse : sécheresse en 1785, inondations en 1788, hiver très rigoureux. En 1788-1789, les récoltes sont mauvaises, le peuple a faim. La cour du roi vit au-dessus de ses moyens et ruine le pays. Louis XVI, mal conseillé et manquant de fermeté politique, ne se rend pas vraiment compte de la situation. Depuis plusieurs années, les notables et le parlement s’opposent au roi sur la levée de nouveaux impôts (notamment l’augmentation des fameux timbres fiscaux) pour redresser les finances. Le parlement demande d’ailleurs, dès juillet 1787, la réunion des Etats Généraux, eux seuls pouvant enregistrer ces nouveaux impôts.

Par méfiance, le roi refuse. Les ministres mettent en place des « mesurettes » alors que les réformes de fond sont nécessaires, d’autant que le parlement ne cesse de demander la réunion des Etats Généraux.

Devant une situation de plus en plus difficile à tenir, le ministre Brienne finit, le 8 août 1788, par convoquer les Etats Généraux pour le 1er mai 1789, ce que Louis XVI accepte, trop tard !

Ouverture des états généraux à Versailles
Ouverture des états généraux à Versailles

La monarchie a chuté, elle ne s’en relèvera pas, les réformes sont en marche. Necker, le nouveau premier ministre et ministre des finances, imposera au roi le doublement des députés du Tiers Etat qui aura donc autant de représentants que les deux autres réunis.

En attendant, la famine sévit et le peuple commence à se soulever. Une émeute éclate à Paris le 18 avril 1789 et fait 200 à 300 morts, voire plus.

Les Etats Généraux sont ouverts le 5 mai 1789 par le roi, la reine et le premier ministre qui surprend les députés en leur annonçant que « ce n’est pas à la nécessité absolue d’un secours d’argent » qu’ils sont réunis ! Manœuvre politique d’apaisement. Le Tiers Etat propose que les trois ordres siègent ensemble ; le clergé préférera la nomination de commissaires qui confèreront ensemble, ce qui sera fait.

La noblesse traîne les pieds et le haut clergé freine les ardeurs du bas clergé. Finalement Louis XVI, se voulant conciliant, décide que les commissaires se réuniront et délibèreront en présence du Garde des Sceaux… Malgré cela, les députés de la noblesse, ne voulant pas aborder les problèmes de fond pour préserver leurs privilèges, font traîner en longueur les réunions.

Devant cet état de fait, l’abbé Sieyès, député réformateur du bas clergé (abbés et curés), propose, le 17 juin, aux députés des trois ordres de se réunir dans la salle des menus plaisirs pour opérer en commun. Seuls les députés du Tiers Etat, plus quelques députés du clergé et Mirabeau pour la noblesse, acceptent. Sieyès dénie alors aux députés de la noblesse et du clergé le droit de légiférer, au roi d’intervenir, d’opposer son veto et décide que la nouvelle assemblée s’appellera désormais « Assemblée Nationale » et sera seule habilitée à voter les impôts. Il invite à nouveau les députés des deux autres ordres à rejoindre ceux du Tiers Etat. Ces propositions sont acceptées par 491 voix contre 89.

Louis XVI, à nouveau mal conseillé par sa cour, décide, pour recouvrer un peu de pouvoir, d’une séance royale le 22 juin en la salle des menus plaisirs qu’il ferme sous prétexte de préparatifs ; astuce pour empêcher les députés réformateurs de se réunir.

Le 19 juin, Necker propose au roi quelques réformes d’ouverture : égalité fiscale, vote par tête, accès à tous aux charges publiques. Sur (mauvais) conseil de la reine, celui-ci refuse.

Le 20 juin, l’Assemblée Nationale vient se réunir mais, bien sûr, trouve porte close et cherche donc un autre lieu et c’est le docteur Guillotin qui propose de se réunir dans la salle du Jeu de Paume.

Tous les députés du Tiers Etat sont réunis (même si, pour certains, il fallut les « convaincre »), une grande part de ceux du bas clergé et quelques nobles. C’est le député parisien Bailly qui lit le fameux serment.

Au-delà du fait même de donner une constitution à la France, Sieyès voulait surtout engager les députés, en les faisant signer individuellement, auprès des réformateurs.

L’idée de constitution est lancée et elle finira par aboutir, après bien du temps et de péripéties.

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