Souvenir d’un curieux quatorze juillet

Par • jeudi 8 juillet 2010 • Rubrique(s): Actualité, Archives

Comme je l’ai déjà relaté lors d’un article précédent sur mes souvenirs d’un 1er mai à Neuville, je vous disais que mes parents étaient mariniers et ainsi, l’on vivaient au gré des manifestations qui avaient lieu tout au long de notre rivière préférée. Évidemment, de ce fait, nous ne pouvions envisager de rater le feu d’artifice du 14 juillet à Lyon.

Nous amarrions le bateau au quai Saint-Antoine. A l’époque, pas de parking mais un grand bas-port occupé par une sablière. Tout le monde venait s’agglutiner sur cet espace libre situé juste en-dessous de Fourvière. C’était carrément le meilleur endroit pour jouir du spectacle offert par les artificiers qui embrasaient la basilique et toute la colline. On enlevait la planche qui nous servait de passerelle afin d’éviter d’être envahis d’une multitude de soi-disant amis.

Cette année-là, je suis incapable de me rappeler la date exacte, un gourou d’une secte quelconque avait prédit la fin du monde pour ce 14 juillet. Aujourd’hui, cette information nous ferait sourire, mais cette année-là, elle avait suscité pas mal d’interrogations et les journaux s’en étaient fait largement l’écho dans leurs colonnes.

Nous attendions donc la soirée tranquillement, j’avais dû faire quelques plongeons en Saône. Eh oui, on se baignait en Saône, même à Lyon, et je ne suis pas sûr qu’elle était plus propre qu’aujourd’hui.

Tiens, en passant, une petite anecdote ! Pour m’apprendre à nager, vers l’âge de 6 ans, mon père m’attachait au bout d’une corde reliée à un grappin qu’il tenait sur le bateau. Le problème est que mon père regardait ailleurs et discutait sans regarder si la corde était suffisamment tendue pour me maintenir hors de l’eau. Je peux vous assurer que cette méthode, pas du tout employée par nos maitres nageurs, se révèle pourtant terriblement efficace. J’ai vite compris qu’il fallait que j’apprenne rapidement si je ne voulais pas mettre la rivière à sec.

Revenons à notre histoire.

Vers 4h de l’après-midi, on a vu débarquer un groupe d’une dizaine de personnes avec des petits strapontins de plage. Ils se sont positionnés face à la basilique, se sont agenouillés sur leurs sièges et ont attendu pendant de longues, longues minutes.

On était avec quelques amis et la famille sur le bateau. Mon père s’est mis à rigoler, ma mère, évidemment, l’a engueulé et moi franchement, vu mon jeune âge, j’en menais pas large. Ils étaient tellement dans leur trip que je me suis dit : « Et si c’était vrai ». J’avais même envisagé quelques scénarios possibles en me disant que le fait d’être sur l’eau me sauverait certainement. Ils ont pourri ma journée et j’avais hâte de passer cette nouvelle nuit qui me ferait dépasser cette date fatidique. Encore aujourd’hui, quand je passe sur le quai Saint-Antoine, il m’arrive de repenser à ces quidams agenouillés, implorant je ne sais qu’elle divinité ou maître de l’univers. Je revois encore pas mal d’images de leurs visages et de leurs silhouettes sur ce quai au milieu des tas de sable. D’où venaient-ils ? Peut-être ont-ils été déçus que ces prédictions soient fausses ?

Enfin pour cette année, soyez rassurés,  aucune annonce alarmante n’a été faite, alors passez un bon 14 juillet !!!

Partager, imprimer, envoyer :

| | Plus

Voir les derniers articles de

Mots Clefs : , , ,


    Autres articles à lire sur Saônor.fr :

Fatal error: Call to undefined function related_posts() in /var/www/saonor.fr/public_html/mag/wp-content/themes/saonor-1/single.php on line 97