Megapocalypse

Par • jeudi 14 janvier 2010 • Rubrique(s): A la Une

Il y a très longtemps de cela (eh oui, je ne suis plus tout jeune !), j’écoutais en boucle un bon vieux disque en vinyle d’un chanteur poète dont certains se souviennent peut-être : Herbert Pagani.

L’album s’appelait Mégalopolis, c’était l’histoire de la fin d’une civilisation.

Une chanson Mégapocalypse racontait comment plusieurs jours de tempête de neige déclenchaient la fin d’un monde, la fin du monde. Je vais vous la raconter rapidement. Tous les passages en italique sont dus à l’auteur.

Tout a commencé un soir de décembre, il neigeait ce soir-là des flocons couleur cendre sur la ville oxydée que traquait le destin. A cette neige, une grève du rail et des bus paralysait le trafic et la ville se paye un premier infarctus. Tout est bloqué, le trafic se banquise sur place et plus personne n’avance d’un pas.

A l’aéroport, cadence infernale à la tour de contrôle, les chiffres cavalent, les ailes se frôlent, l’équipe résiste mais juste à cinq heures, un gars de l’équipe commet une erreur.

Deux avions se prennent les ailes et s’embrassent en plein ciel et leurs carcasses, dans leur descente, viennent percuter une centrale nucléaire. C’est toute l’Europe qui est touchée et qui reçoit de plein fouet la panne de lumière. C’est le début de la fin.

A partir de ce moment, c’est le chaos, des taudis jusqu’aux gratte-ciel, silence des télés, des radios, jusqu’au ventre des tunnels, le gel fait éclater les tuyaux. Quand l’hiver te mord les doigts, on se chauffe avec n’importe quoi. Nuit nouvelle et nouveau drame : les incendies.

Toute la ville brûle et hommes, femmes, enfants, seuls ou en cortège, s’aventurent dans la neige laissant les bandes de voyous envahir la cité. La ville est retombée dans un étrange moyen-âge et les supermarchés sont les vedettes du pillage. La faim systématique multiplie les assassins.

Je vous fais grâce du passage où les rats, puis les maladies, entrent en action. Dans la vision apocalyptique de l’auteur, seuls quelques poètes se retrouvent dans un vieux monastère pour fonder un nouveau monde.
Je vous livre simplement la fin de la chanson :

Regardez bien Mégalopolis
squelette de béton qui gît dans la vallée
où les voitures se rouillent au fond des précipices
et l’herbe reconquiert l’asphalte et le pavé.

Vous allez me dire : qu’est-ce qu’il nous embête, celui-ci, avec cette fable noire et complètement débile.
Simplement ceci : en pleine tempête, j’ai voulu aller acheter des œufs à mon épicerie du coin pour faire une pâtisserie.

Plus d’œufs, plus d’approvisionnement, plus personne ne roule, m’a tranquillement répondu mon épicier et là, je ne sais pas pourquoi, j’ai repensé au bon vieil Herbert Pagani et à sa chanson.

PS : Je possède toujours ce disque, n’ayant jamais voulu m’en séparer même si je ne peux plus l’écouter. Si quelqu’un peut me graver un CD à partir du disque, je suis preneur. Vous pouvez me contacter en passant par Saonor. Merci

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