Liberté ou vidéo-surveillance ?

Par • jeudi 18 février 2010 • Rubrique(s): A la Une

Dernièrement, lors d’une émission télévisée, Mme Mitterrand fit une démonstration magistrale sur le sentiment de peur qu’on essaie d’insinuer dans l’esprit des Français pour justifier une politique de sécurisation à tout prix.
Vous pouvez voir l’intégralité de cette émission sur la sécurité intérieure en cliquant ici.

Sans avoir ni son talent, ni son charisme, je dois bien avouer que cette prolifération de vidéos de surveillance, de fouilles systématiques lors des grands événements, commence à m’agacer sérieusement.

On vient d’apprendre que la mairie de Rochetaillée sera bientôt protégée par des vidéos. Neuville est quadrillé par le même procédé. La plupart des communes envisagent cette surveillance pour ses lieux sensibles. D’après des informations récentes, Lyon est truffé d’œils électroniques. Tous ces abus sécuritaires sont la conséquence d’autres abus, tout aussi déplaisants, que sont la dégradation voire la destruction de biens communaux ou privés.

Notre liberté, voire notre intimité, sont déjà fortement mises à mal par un suivi systématique grâce à nos cartes bancaires, nos téléphones portables ou nos ordinateurs. Nous avons la chance d’être dans un pays encore démocratique mais qu’adviendra-t-il si un jour tous ces outils de surveillance tombent dans des mains plus crapuleuses, plus soucieuses de dicter des idées de pouvoir absolu.

Sans avoir rien à me reprocher, je n’ai pas envie de savoir qu’on me suit à la trace, qu’on sache où je vais, qu’on sache ce que j’achète et quels sont mes amis. Est-ce que derrière cette profusion de technique, au service de la collectivité, ne se cache une idée plus perfide qui consisterait à être contrôlé plus facilement. Il est toujours dangereux de mettre des moyens puissants dans des mains, même honnêtes, de gens avides de pouvoir.

Une question reste aussi à poser : est-ce que cette prolifération de vidéo-surveillance va vraiment empêcher les délits et est-ce que cet argent dépensé ne serait pas mieux utilisé à d’autres fins plus collectives, plus associatives, plus sociales.

Des abus proviennent d’autres abus. Un autre exemple : on ne peut plus aller  à un match de foot sans être fouillé à cause de quelques abrutis qui confondent  le sport et leur exutoire à la violence. On se demande d’ailleurs comment certains faits se produisent encore quand on voit les moyens déployés pour les éviter. Ceci tendrait à prouver que ceux qui veulent faire du mal, rien ne les en empêchera, ni la vidéo, ni les fouilles.

Je suis toujours angoissé quand je vois un film ou un reportage sur un pays totalitaire où la suspicion, la délation et la surveillance sont érigés en système politique. Nous n’en sommes pas là bien entendu, mais soyons vigilants quand même.

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